dimanche 19 mars 2017

Le miracle des colyves

En 361, Julien l'Apostat, qui essayait par tous les moyens de restaurer les usages païens, avait donné l'ordre au préfet de Constantinople de faire asperger toutes les denrées exposées au marché avec du sang des victimes immolées aux idoles, de sorte qu'il ne soit possible à aucun habitant d'échapper à la souillure de l'idolâtrie. L'intervention du Saint Théodore Tiron permit de déjouer les plans de Julien l'Apostat : il apparut en vision au Patriarche Eudoxe et demanda à ce qu'aucun Chrétien n'achète les aliments présentés au marché, mais que les Chrétiens préparent des colyves.
Depuis, l'Eglise Orthodoxe commémore chaque année ce miracle, qu'on appelle le miracle des colyves, le premier samedi du Grand Carême.

C'est à cette occasion, le samedi 4 mars dernier, que je me suis mis en tête de préparer ces fameuses colyves.
Les Colyves, ou encore Кољиво (koljivo) en serbe, κόλλυβα (koliva) en grec et коливо (kolivo) en bulgare sont une préparation à base de blé concassé et bouilli. Je vous livre ici ma recette.


Ingrédients

500g de blé
500g de sucre roux
500g de noix
50g de raisins secs
2 sachets de sucre vanillé
4 grandes cuillères de cannelle
10 clous de girofles
1/2 noix de muscade





Cuisson du blé


Prendre du blé de grosse taille, non précuit.
Après avoir laissé le blé tremper dans de l'eau toute une nuit on le fait cuire dans une casserole à fond épais. On porte à ébullition. Ensuite on le laisse cuire à feu très doux durant 3h.







Préparation du blé

Après la cuisson, lorsque le blé est bien tendre, il faut l'égoutter. Surtout ne pas rincer le blé.
On peut ensuite l'étaler sur un linge pour enlever le trop-plein d'humidité avant de le passer au hachoir à viande. Habituellement on mouline le blé pour la préparation des colyves, même si certains puristes le laissent entier. Le hachoir à viande est le meilleur moyen de le réduire (grillage fin), mais on peut aussi le faire avec un moulin à légumes. Dans mon cas je n'avais ni l'un ni l'autre, j'ai tenté sans succès le presse-purée pour me rabattre sur le mixeur en prenant soin de ne pas en faire de la purée !






Incorporation des ingrédients

Le plus gros du travail a été fait. Le blé fraîchement haché - ou mouliné - peut être mis dans un grand saladier.

Sucre :
On va incorporer le sucre et mélanger le tout avec les mains comme si on travaillait une pâte à pain. Très vite le sucre roux se liquéfiera et facilitera l'incorporation des autres ingrédients.
Ne pas oublier les 2 sachets de sucre vanillé.





Il est préférable de faire tremper les raisins secs dans de l'eau avant leur incorporation.

A propos des noix :
Garder quelques cerneaux de noix intacts pour la décoration finale.
Concasser 80g environ à la main de manière à avoir des morceaux gros comme une 1/2 noisette. Cela donnera du craquant à la préparation.
Le reste des noix, c'est-à-dire 360g environ, doit être réduit en poudre.




On ajoute les raisins secs, les noix en poudre ainsi que les noix concassées...
















Une fois la préparation bien mélangée, il ne reste plus qu'à incorporer des clous de girofle, de la cannelle et un peu de noix de muscade.
Certains ne mettent ni clous de girofle ni noix de muscade, se contentant de rajouter de la cannelle.
Personnellement je trouve qu'un bon Кољиво (koljivo) ne peut s'en passer.
La recette grecque quant à elle contient des amandes, des pignons de pins voire de l'anis.


La décoration peut être minimaliste, comme celle de la photo ci-contre, mais là encore elle dépend des régions. Les grecs (encore eux) préfèrent décorer la préparation à mort.
Il est émouvant de voir que cette préparation traditionnelle rustique, forte en saveur, existant depuis l'antiquité continue à se faire.
Le 1er samedi de carême mais aussi à d'autres occasions comme les enterrements et les slavas serbes - célébration du jour de la fête du Saint patron de la famille -


vendredi 17 mars 2017

Rebelles écocitoyens

Ce matin en consultant les soirées concerts dans les bars de la capitale, je suis tombé sur ça :

Ceux qui organisent cette soirée pensent-ils réellement ce qu'ils écrivent ? Se prennent-ils réellement pour des résistants alors que tout le texte transpire un formatage orchestré par un discours politique savamment entretenu ? 
En toute fin ils parlent de leur velléité "d'indépendance face aux mécanisme qui aseptisent leurs identités et leurs discours" ...
Y sont pas rendus...
A moins que ce ne soit un discours marketing attrape-couillons pour donner l'illusion aux gogos de tous poils d'être des rebelles écocitoyens.

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La dégénérescence c'est un peu l'obsolescence programmée du socialisme.